scenographies

Dancing Curtain

in
Adieu et Merci, 2013

“Dancing Curtain” est un dispositif scénographique imaginé par Nadia Lauro
pour la pièce chorégraphique Adieu et Merci de Latifa Laabissi.

“Dancing Curtain” est un rideau de scène qui n’en fait qu’à sa tête, un partenaire de danse qui « «colle littéralement aux basques de la performeuse» et orchestre une géographie du regard pour le spectateur qui oscille entre regardeur et regardé.

Nadia Lauro – Dancing Curtain - Dancing Curtain 2013
Nadia Lauro – Dancing Curtain - Dancing Curtain 2013
Nadia Lauro – Dancing Curtain - Dancing Curtain 2013
Nadia Lauro – Dancing Curtain - Dancing Curtain 2013

«La scène du Grand Studio du Centre Pompidou est parfaitement dépouillée de tout artifice. Pour seul attirail, un rideau violacé frémit discrètement en arrière plan. L’artiste et scénographe Nadia Lauro propose une installation d’une grande intelligence plastique, à même de baliser des territoires mouvants, de circonscrire et de dégager, dans sa lente progression serpentine vers le devant de la scène, d’insoupçonnables puissances de l’imaginaire. Une extrême simplicité, une exquise économie de moyens démultiplient la force d’impact de la pièce de Latifa Laabissi qui travaille l’accumulation, la sédimentation, le flottement, la transparence et la densité, le surgissement enfin…»
Smaranda Olcèse Trifan. Extrait. A bras le corps.2013

La représentation est terminée. Les lumières se rallument. Le public commence à applaudir. La danseuse revient sur scène et salue. Que se passe-t-il à ce moment précis? Où sommes-nous: encore dans le temps de la représentation, déjà dans l’après – à la lisière? Et que recouvre le geste de l’interprète qui tout à la fois s’incline, remercie le public et se livre à son approbation? Le salut constitue un rituel incontournable en même temps qu’un seuil, reflétant différentes conventions implicites de la représentation. Afin de rayonner à partir de ce code scénique, d’aborder ses zones d’étrangeté ou de drôlerie, Latifa Laâbissi endosse une figure paradoxale lui permettant d’en parcourir les strates historiques, esthétiques et subjectives : à la fois elle-même et une foule d’autres qui l’ont précédée, elle glisse entre les identités et les registres. Au filtre de cette fin sans cesse reprise, étirée, différée, des fragments d’histoires s’enchâssent, des mémoires remontent à la surface: un jeu de variations, de diffraction des temps et des présences, « autant de fois qu’il y a de fins possibles ». « Saluer politique, saluer social, saluer pour de vrai, saluer pour de faux » : des révérences de ballet aux saluts contemporains, Latifa Laâbissi construit une minutieuse chorégraphie de traces et d’inclinations mettant le spectacle en abyme. Mêlant les genres, réfléchissant et redéfinissant les formats, le travail de Latifa Laâbissi cherche à faire entrer sur scène un hors-champ multiple ; un paysage anthropologique où se découpent des histoires, des figures et des voix, et par où s’infiltrent les signes de l’époque. Après des pièces comme Self portrait camouflage, Loredreamsong ou Histoire par celui qui la raconte, présentée en 2006 au Festival d’Automne à Paris, Adieu et merci continue à creuser dans l’inconscient de la danse afin d’en révéler les angles morts.
Gilles Amalvi

Credits Adieu et Merci

conception et interprétation : Latifa Laâbissi

conception scénographique : Nadia Lauro

figure : Nadia Lauro / Latifa Laâbissi

lumières: Yves Godin

création son : Manuel Coursin

direction technique: Ludovic rivière.

remerciements: Yves Noel Genot et Isabelle Launay

extrait video: Sophie Laly

Photos Mac Domage et Nadia Lauro

 

création : Les Spectacles vivants – Centre Pompidou, Festival d’Automne à Paris. 2013

production: Figure Project

coproduction : Les Spectacles vivants – Centre Pompidou à Paris, Festival d’Automne à Paris, Musée de la danse – CCNRB, Théâtre National de Bretagne à Rennes, Le Phare – CCN du Havre Haute-Normandie, Open Latitudes network, Le Vivat – scène conventionnée d’Armentières, Institut français/Ville de Rennes et Rennes Métropole.

Avec le soutien du Tanzquartier Wien et du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers – Direction Emmanuelle Huynh (2012).