scenographies

Dust map

in
Le Corps des songes, 2019

“Dust map” est un paysage fictionnel conçu par Nadia Lauro pour la pièce musicale et chorégraphique Le Corps des songes de Nosfell.

“Dust map” est un territoire de sable et de roches vert malachite figurant Klokochazia, contrée inventée par Nosfell et tatouée sur son dos. Dust map est un mouvement, celui de l’effacement de la carte de poussières vers son devenir souffle.

 

“Dust map” is a fictional landscape designed by Nadia Lauro for Nosfell‘s musical and choreographic piece Le Corps des songes.

“Dust map” is a territory of sand and malachite green rocks depicting Klokochazia, a land invented by Nosfell and tattooed on her back. Dust map is a movement, the one of erasing the dust map towards its becoming breath.

Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019
Nadia Lauro – Dust map - Dust map 2019

Credits Le Corps des songes

conception, écriture, performance, composition musicale   Nosfell

« Süanij (dans la forêt du songe) » composé et orchestré pa  Nosfell et Frédéric Gastard

« Ici le sable » écrit et composé par Donia Berriri

conception  scénographie   Nadia Lauro

co-auteurs des textes des chansons   Dominique A et Xavier Machault

regard chorégraphique   François Chaignaud

dramaturgie   Tünde Deak

regard extérieur – assistanat.  Clémence Galliard et Anne Lenglet

création son.  Nicolas Delbart

création lumière.  Yannick Fouassier

conception costumes   Eric Martin

réalisation costumes   Marion Egner

réalisation scénographie   Marie Maresca, Michel Arnould, Charlotte Wallet

régie générale, lumière et plateau   Chloé Bouju

régie son   Maxime Drouot

développement typographique Jérémy Barrault

administration, production, diffusion    Blandine Drouin et Colin Pitrat

photos  Nadia Lauro

 

Création Festival C’est comme ça, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France, 2019

 

Production Les Indépendances
Avec la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings
Coproductions MA scène nationale – Pays de Montbéliard, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France, Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne – Collectif FAIR[E]
Résidences Théâtre de Vanves, MA scène nationale – Pays de Montbéliard, Le CENTQUATRE–Paris, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et de la Région Ile-de-France

 


NOTE D’INTENTION

Lorsque j’étais enfant, mon père me réveillait régulièrement la nuit. Il voulait que je lui raconte mes rêves. Il s’en nourrissait et me contait les siens en retour. De ces épisodes j’ai appris à retranscrire mes rêves.Durant ces colloques nocturnes, il me parlait dans un langage incompréhensible. Plus qu’une succession d’onomatopées, les mots qui sortaient de sa bouche étaient chaque fois les mêmes, la même partition, mais ne provenaient d’aucune des sept langues qu’il parlait couramment.Il me faisait régulièrement noter une liste de mots, que j’ai gardée comme un fétiche après son départ. Cette liste est devenue la base étymologique d’une langue inventée dont la structure se calque, de mémoire, sur la prosodie léguée par mon père.Plus tard, mes études de structure de la langue et mon intérêt pour la calligraphie m’ont apporté quelques outils -rudimentaires -pour mettre en place des fondements grammaticaux, ainsi qu’une forme écrite.Puis la vie disposa quelques bornes de chaossur ma route, faisant de moi une personne instable… Cette langue -mon secret, ma «musique» -devint l’expression de l’indicible.Le spectacle que j’ai en tête sera un seul en scène autobiographique et musical, mettant en perspective la place de la langue maternelle dans le processus d’intégration sociale.Je désire mettre en scène un conte cruel inspiré de mon enfance, pop dans sa forme, onirique, chorégraphique et vocal.J’aimerais travailler sur l’idée du répertoire sonore de cette novlangue dans laquelle je chante et qui me vient de mon père. J’en ai crééle protocole d’écriture il y a longtemps. Il a évolué, et se fige aujourd’hui dans l’aboutissement d’une adaptation typographique, dont j’aimerais qu’elle soit présente sur scène.

 

Le corps musical, la bas(s)e

Mon instrument principal est ma voix. Je pars toujours de lignes de chant pour écrire la musique. J’aimerais proposer des chants, inspirés de berceuses, augmentés d’une simple ligne de basse pour indiquer l’harmonie.La basse, c’est ce qu’il y a «en-dessous ». C’est l’instrument que l’on ressent, mais que l’on n’entend pas forcément. J’aimerais proposer une orchestration dénudée qui mettrait en avant le lead et les basses, comme deux antipodes dépourvus d’un corps d’ensemble. J’aimerais faire quelques recherches avec différents instruments du registre basse dans un premier temps. Je pense d’un côté aux instruments d’orchestres à cordes frottées (violoncelle, contrebasse…), ou à quelques soufflants (cor, saxophone basse…).Néanmoins j’hésite encore aujourd’hui à utiliser en lieu et place de ces lignes de basse, un synthétiseur modulaire type « west coast», que l’on trouve souvent pilotés par des séquenceurs aléatoires. Ici l’idée serait de créer des paysages sonores minimalistes, dans un style modal.

 

Le corps dansant

Mon corps enclenche ma voix, la met en mouvement.Ma voix enclenche mon corps, lui insuffle un rythme, une torsion, une expression.Je viens de la musique populaire. J’ai l’habitude d’avoir ce rapport frontal dans l’expression de ma musique, face à l’audience, derrière mon pied de micro.Même derrière celui-ci, mon corps n’est pas statique, il bouillonne, en tous les cas il s’exprime, de manière plus ou moins consciente, etc’est bien cetendroit que j’ai envie de pousser, de développer. J’aienvie de prendre l’espace et d’exposermon dos par exemple, pour penser l’adresse différemment. Que propose un dos quand les mots sontdifficiles à assumer ? Lebesoin viscéral de danser m’a toujours pousséà chercher des idées afin d’occuper la scène autrement; notamment en développant un système d’arrangement qui me permet de proposer une musique vivante, tout en lâchant les instruments pour me laisser aller à différents états de corps.Les chants de ce solo se déploieront sur quatre octaves. Ainsi la voix dépeindra différents personnages.C’est un corps inévitablement dansant que j’imagine en filigrane de mon spectacle.Un corps qui, traversant des émotions et une narration, n’a d’autres moyens que de se mouvoir. Je veux un corps qui rythme l’espace, qui dessine la musique.

 

Le corps chimérique / corps esquinté

Je serai costumé en chimère.Je compte m’effeuiller progressivement pour donner à voir par fragments le dédale des dessins sur ma peau.Ces tatouages comportent la carte d’une île qui fait de mon corps un corps-territoire bordé de frontières imaginaires; peuplé de familles imaginaires, que l’on trouve dans certains de mes récits passés.J’ai fait tatouer cette île sur mon dos à mes 18 ans pour tenter de redonner une grandeur à mon corps; luioffrir une valeur neuve.Le corps que l’on n’atteint pas, que l’on protègegrâce à ses bords clairement symbolisés.Je voudrais retranscrire cette île au plateau, qu’elle apparaisse dans la scénographie. J’aimerais que la scène devienne territoire elle aussi. Pour finalement me fondre dedans. Disparaître dans la grandeur et la richesse du monde réel.J’aimerais développer un vocabulaire en jouant avec les notions de jeux de piste et d’énigmes.

 

Le corps-paysage -le corps-espace

J’aimerais, en étroite collaboration avec la plasticienne et scénographe Nadia Lauro, retranscrire un corps-territoire au plateau. J’imagine la carte tatouée sur mon dos depuis mes 18 ans, partiellement re-dessinée à mes pieds. Mon parcours tout au long du spectacle permettra de la compléter, la rendre lisible. En définir ou détruire les frontières. Je ferai trace dans cette scénographie évolutive. Comme une carte mystérieuse en perpétuelle évolution avec ses vallons, ses plaines, ses déserts… nous donnerons à voir les sas interminables de l’imagination.Les reliefs de cette terre en devenir permettront de se grandir ou de se cacher, de s’y reposer, tout en produisant de la musique.En contraste avec cette horizontalité toute en courbe, un pied de micro érigé, droit, se déplacera sur le plateau qui autorisera la transmission, l’écho, le repère…Sommes-nous là où les frontières sont plus précieuses que la vie? Les chemins parcourus tout au long du spectacle sur ce territoire modèleront le langage.

Ce territoire constituera à la fois un espace de protection inachevé mais aussi une prison, pris au pièges dans le chaos des routes.

J’ai eu envie de rencontrer Nadia Lauro autour de ce spectacle pour les scénographies et installations toutes en volumes qu’elle déploie depuis des années, pour sa grande capacité à collaborer avec les artistes du spectacle vivant, pour la clairvoyance et la beauté de ses propositions. J’ai eu l’opportunité il y a quelques années, de performer au sein d’une de ses pièces: «La clairière», alors que j’exposais les principes de la langue inventée dans laquelle je chante, au Centre Pompidou pour l’exposition collective «Khhhhhh». Depuis, je rêve de travailler avec elle.

Credits Le Corps des songes

conception, écriture, performance, composition musicale   Nosfell

« Süanij (dans la forêt du songe) » composé et orchestré pa  Nosfell et Frédéric Gastard

« Ici le sable » écrit et composé par Donia Berriri

conception  scénographie   Nadia Lauro

co-auteurs des textes des chansons   Dominique A et Xavier Machault

regard chorégraphique   François Chaignaud

dramaturgie   Tünde Deak

regard extérieur – assistanat.  Clémence Galliard et Anne Lenglet

création son.  Nicolas Delbart

création lumière.  Yannick Fouassier

conception costumes   Eric Martin

réalisation costumes   Marion Egner

réalisation scénographie   Marie Maresca, Michel Arnould, Charlotte Wallet

régie générale, lumière et plateau   Chloé Bouju

régie son   Maxime Drouot

développement typographique Jérémy Barrault

administration, production, diffusion    Blandine Drouin et Colin Pitrat

photos  Nadia Lauro

 

Création Festival C’est comme ça, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France, 2019

 

Production Les Indépendances
Avec la Fondation d’entreprise Hermès dans le cadre de son programme New Settings
Coproductions MA scène nationale – Pays de Montbéliard, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France, Centre Chorégraphique National de Rennes et de Bretagne – Collectif FAIR[E]
Résidences Théâtre de Vanves, MA scène nationale – Pays de Montbéliard, Le CENTQUATRE–Paris, L’échangeur – CDCN Hauts-de-France
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France et de la Région Ile-de-France