scenographies

Les Assistantes

2008

Les Assistantes est une pièce chorégraphique conçue par la chorégraphe et performeuse Jennifer Lacey et la scénographe et plasticienne Nadia Lauro

Plus Lieu que Spectacle, Les assistantes traquent le désir utopique d’être ensemble sans rien céder de sa propre liberté individuelle.  « Les assistantes s’essaient à créer une forme poétique et somatique de l’absorption du groupe par la personne, de la voix par le chœur. On peut voir dans cette réflexion une tentative de récapituler l’histoire des rapports entre les corps organiques et les corps sociaux que nous sommes. On peut y voir aussi un questionnement très actuel sur le corps considéré d’un point de vue intérieur… soit comme un habitat charnel. » Agnès Izrine

Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008
Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008
Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008
Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008
Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008
Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008
Nadia Lauro – Les Assistantes - Les Assistantes 2008

LES ASSISTANTES / PROPAGANDE
nous facilitons, nous pointons, nous indiquons, nous canalisons, nous amplifions, nous mainte- nons.
nous capturons, nous déchargeons, nous protégeons, nous séduisons, nous charmons.
nous ne faisons rien, nous ouvrons, nous rôdons sans pour autant inquiéter, sans non plus nous laisser apprivoiser. nous faisons diversion.
nous occupons, nous soutenons, nous faisons tapisserie.
nous plongeons de travers, nous incorporons, nous voyons, nous sommes assez d’accord, nous manifestons, nous mettons à l’épreuve jusqu’au vertige et hors sociologie.
plaidons, exprimons, repoussons. nous induisons, nous renforçons, nous écoutons. nous faisons le jour. nous sentons. nous ingurgitons.
nous mettons en ordre, nous mettons de l’ordre, nous établissons un ordre possible.
Les assistantes ouvrent parmis les interstices du trapèze méta-social, ou comme tache primaire rehabiliter les humeurs evanéscentes de ceux
ou de celles ou de ceuxlelles qui résistent à la reconversion des âmes lyriques .
Les assitantes ne donnent pas que le coup de main, elles sont la main
Les assistantes sont une nouvelle forme de superstition glutineuse, on ne connait pas encore ses effets ni contre indications, les assistantes peut agir tout seul ou en masse et s’avere reversible dans un contexte folklorique accentué.
Qu’est ce qu’on produit ? les animaux mystiques, les lectrices fécondes, une boule où il se passe des choses ? oui, mais notre occupation la plus pertinente c’est la production de chaque instante et de ses objets artisanaux. Ces objets sont, en effet, les déchets. Chaque moment produit laisse ses déchets derrière eux et on travaille ces restes à l’instant même où l’on continue de s’occuper du travail primaire de la production de chaque instant. Une dé- votion plutôt qu’une maîtrise qui cache quelques pièges. Cette transparence de la production / déchet produit en nous une tristese, une lassitude politique, une reconnaissance de la pos- sible non possibilité de l’action. Bouger certes; mais où et pourquoi? pour ne pas rester dans la marée de cette triste dynamique, de temps en temps on bouge sans but, pour repousser les limites de nos pensées et harmoniser l’actuel avec son possible statut historique.
nous réincarnons. nous tendons le cou par curiosité. nous imaginons, nous nous inventons. nous nous inventons en lapins. nous devenons chevaux malgré nous. nous écoutons nos bouches et nos nez.
nous sommes archers en rut, écureuils malsains, nous regardons à travers les stores et nous nous engageons sur la corde raide. nous rencontrons un samouraï, de serpent charmé nous devenons vautour paisible.
d’un vertige parfois léger (par radical), un vertige qui a sa source à rieur même du langage des utopistes, l’invention verbale, la désarticulation phrases, la création d’un style, la mise en relation inédite des mondes et des mots, il serait dommage de n’y voir que simple état d’âme et l’agencement dessine, vole et dépayse l’espace, réhabilite nos utopies dans nos mouve- ments.
nous vivons en société et nous voulons que notre perpétuel perturbe les catégories.
nous nous demandons où vont les choses perdues, nous nous posons des questions sans vouloir de réponses, nous ne suivons pas de méthode, nous nous installons dans des coins, nous vivons avec un jeu de résistances et de complicités, nos relations sont divisées mais faites pour durer et s’étendre, nous pensons à faire des listes, de tout et nous revendiquons le fait que cela devienne anthropologique voire ontologique
nous produisons des aspirateurs de pensées, des êtres aimés, des clignotants gigantesques des informations explicites des expériences profondes des sifflotements coordonnés à nos degrés de survolte, des tâches, des secrets, des vigueurs, des gestes, des tours, des paysa- ges généreux et révoltés contre les plates-formes livides, creuses.
les liens ne sont pas nos productions, nous imaginons ce que nous n’imaginons pas et le plus gros de la tâche de notre travail, c’est tout ce que nous ne faisons pas, ou tout ce que nous défaisons, tout ce que nous absorbons, de la chaleur que nous redistribuons, les circuits que nous laissons se démonter
nous produisons nos besoins de coulées vertes, celles qu’on peut traverser en voiture télégui- dée depuis la berge
on produit ce qui est mais aussi ce qui n’est pas, ce qui est impossible car nous sommes impossibles, nous sommes primaires et extraordinaires, nous pouvons produire n’importe quoi en mieux
nous produisons des crottes mais aussi des méta-thérapies, des croisements de directions totalement opposées, nous produisons tant que nous sommes et nous nous produisons en public.
d’ailleurs à force de produire nous avons perdu toute éducation ou bien nos éducations sont hors limite de production, ce qui nous échappe est alors produit, nous pouvons le contrôler car nous sommes aussi de charmantes acharnées
nous posons une question, nous asseyons dessus, permettons une affectation ordonnée et allant chronologiquement vers une réponse pragmatique et concrète.
nous plantons la douceur, conciliant plaisir solitaire et besoin d’expansion
forcées à prendre le taureau par les cornes, nous trouvons une rythmique de navigatrices.
après avoir attrapé la pomme, nous faisons le grand plongeon
nous négocions finement et avec ruse, épices et serpents contre cuirasses de bronze. nous prenons un bol d’air avec les mains et le bras.

 

 

LES ASSISTANTES / PROPAGANDA
THE ASSISTANTS facilitate, point out, indicate, channelize, amplify, maintain.
they capture, they unload, they protect, they seduce, they charm.
THE ASSISTANTS don’t do anything, they open, they roam around but provoke no distress, NEITHER DO THEY let themselves be tamed. they create a diversion. they occupy, they support, they throw up a smoke screen.
THE ASSISTANTS dive askew, they incorporate, they see, they quite agree.
they manifest, they put to the test until dizzy, and beyond sociology.
plead, express, reject. they induce, they reinforce, they listen. they make light. they feel. they ingurgitate.
they order, they bring order, they establish a possible order.
THE ASSISTANTS open within the interstices of the meta-social trapeze. their primary task is to rehabilitate the evanescent moods of those who resist the reconversion of lyrical souls.
THE ASSISTANTS don’t lend a hand, they are the hand.
THE ASSISTANTS are a new type of glutinous superstition. we don’t yet know its effects nor its contra-indications.
THE ASSISTANTS can act alone or en masse and turn out to be reversible in a context of accentuated folklore.
AND what do we produce? mystical animals, fecund readers, a bubble in which things happen? yes, but the most pertinent occupation is the pro- duction of each moment and of its handicraft objects. these objects are, indeed, waste. each moment produced leaves its waste behind, these remains are worked on at the same time that one continues to take care of the primary objective of the production of each moment. more a devotion than a skill, it hides several traps. this transparency of waste / production makes THE ASSISTANTS sad, giving them a political lassitude, a reco- gnition of the possible non-possibility of action. moving, for sure – but where to and why? in order not to stay in the tide of this sad dynamic, from time to time they move aimlessly, to push away the limits of their thoughts and to harmonize the actual with its possible historical status.
THE ASSISTANTS reincarnate. they rubberneck. they imagine, they invent themselves. they invent themselves as rabbits. they become horses in spite of themselves. they listen to their mouths and noses. they are horny archers, insane squirrels, they look through the blinds and they step out on the tight rope. they meet a samurai; from a charmed snake, they become a peaceful vulture.
of a sometimes mild vertigo (through the radical), a vertigo that nds its source in the exact laugher of the utopists’ language, verbal invention, phrase-disarticulation, the creation of a style, the unheard-of intertwining of worlds with words. it would be a shame to see in it bare moodiness, and agency draws, steals and renders foreign the space, rehabilitates our utopias in our movements.
THE ASSISTANTS live together and want their perpetuality to disturb categories.
THE ASSISTANTS wonder where lost things go, they ask questions without expecting answers. they don’t follow any method, they settle in corners. they live with a game of resistance and complicity, their relations are divided but made to last and to expand. they think about doing lists, of everything, and they claim that it becomes anthropological, or even ontological.
THE ASSISTANTS produce thought vacuums, loved ones, gigantic blinkers, explicit news, profound experiences, whistlings that match their de- gree of overexcitement, tasks, secrets, vigors, gestures, tricks, generous landscapes that rise up against livid, hollow platforms.
bounds aren’t their productions. THE ASSISTANTS imagine what they don’t imagine, and the heaviest part of their work’s task, is all they don’t do, or all they undo, all they absorb, from the heat they redistribute, the circuits that they allow to unmake themselves.
THE ASSISTANTS produce their needs for green swooshes, those we can go through in a car that is remote-controlled from the shore.
they produce what is, but also what isn’t, which is impossible because they are impossible. they are primary and extraordinary. they can produce anything in a better version.
THE ASSISTANTS produce turds, but also meta-therapies, crossings of totally opposite directions, they produce as long as they are, they produce themselves in front of audiences.
actually, by producing, they have lost all their good manners. or their manners are outside of the limits of production. what escapes them is then produced, they can control it because they are also charmingly relentless.
THE ASSISTANTS ask a question, sit on it, allow for an ordered affectation and go chronologically towards a pragmatic and concrete answer. THE ASSISTANTS sow softness, reconciling solitary pleasure and need of expansion. forced to take the bull by the horns, they nd a navigators’ rhythm. after having caught the apple, they take the big plunge .
THE ASSISTANTS negotiate delicately and with guile, spices and snakes for bronze armors. THE ASSISTANTS drink in a breath of fresh air with their hands and arms.

Credits

conception chorégraphique  Jennifer Lacey

conception visuelle  Nadia Lauro

chorégraphie et performance  Alice Chauchat, Audrey Gaisan, Jennifer Lacey, Barbara Manzetti, Sofia Neves

conception musicale  Jonathan Bepler

lumière  Yannick Fouassier, Nadia Lauro

administration de production  Carole Bodin

 

Création Festival d’Automne, Centre Georges Pompidou, 2008

Production Megagloss.

Coproduction Festival Montpellier Danse 2008 / Festival d’Automne à Paris / Arcadi / Le Consortium – Département Nouvelles Scènes, Dijon / Centre chorégraphique national de Caen Basse-Normandie / Centre chorégraphique national de Rennes et de Bretagne / Centre national de danse contemporaine – Angers / Kaaitheater, Bruxelles / Les spectacles vivants – Centre Pompidou.
Avec le concours du ministère de la Culture et de la Communication (Direction Régionale des Affaires Culturelles du Centre).
Avec le soutien spécial d’ImPulsTanz – Vienna international dance festival, Vienne.